< Retour aux actualités

Tant qu’il y aura des hommes et des routes…

Aujourd’hui comme hier, et quel que soit le moyen de locomotion, le danger est toujours présent sur nos gigantesques rubans d’asphalte ainsi que dans les rues de nos villes et villages.

 

L'ESSOR DU TRANSPORT, VICTIME DE SON SUCCÈS

Historiquement, le premier accident grave mettant en cause une automobile se serait produit le 31 août 1869, dans la ville de Birr en Irlande. Une scientifique et écrivaine nommée Mary Ward serait décédée après avoir été éjectée, à cause d'une bosse, du siège de la voiture à vapeur dans laquelle elle avait pris place.

En France, berceau de l'automobile il est bon de le rappeler, on dénombre 350 véhicules à 4 roues en circulation en 1895, pour à peine 85 à la même date aux États-Unis.

Rapidement, grâce aux progrès techniques, l'automobile, mais aussi la moto ne l'oublions pas, connaissent un essor fulgurant et deviennent de merveilleux moyens de locomotion offrant une liberté de mouvement irremplaçable aujourd'hui encore. Mais, victimes de leur succès les pouvoirs publics sont obligés de légiférer et, le 14 août 1893, une circulaire ministérielle institue le certificat de capacité valable pour la conduite des véhicules : l'ancêtre du permis de conduire était né. Sept ans plus tard, en 1900, un certain Léon Gaumont, pionnier de l'industrie du cinéma français et inventeur émérite, décide, allez savoir pourquoi, de modifier un appareil photo en y installant un obturateur à deux fentes, permettant d'obtenir deux images copiées sur une même plaque.

Le temps entre les deux photos étant connu du preneur d'images, il suffit de mesurer le déplacement du véhicule pour connaître sa vitesse.

Le tout premier radar de vitesse était né.


MISE EN PLACE DE MESURES ENCORE EN VIGUEUR AUJOURD'HUI

Si ses descendants touchaient des royalties sur son invention, ils seraient très riches, puisqu'aujourd'hui on compte plus de 4 000 radars de toutes sortes aux bords des routes françaises.

Ils font partie de la panoplie de répression qui a sauvé des milliers de vies, mais qui aujourd'hui a atteint ses limites puisque l'on n'a jamais autant été flashé en 2016 alors que la mortalité routière ne diminue plus depuis 3 ans. Mais en matière d'insécurité routière, l'insupportable a été atteint dans les années 70 du siècle dernier. Pendant que les hippies cherchent un sens à la vie sur des plages lointaines, d'autres trouvent la mort sur les routes de l'Hexagone. Sans doute emporté par le désir de liberté de cette époque, on se permet tout et n'importe quoi au volant de son véhicule. En 1972, le nombre de 18 000 victimes est atteint, un triste record heureusement jamais égalé ou dépassé.

L'État décide alors d'intervenir et crée, le 5 juillet 1972, le premier Comité interministériel de la sécurité routière (CISR) qui définit les grandes orientations de la politique de sécurité routière. Les mesures prises alors sont toujours en vigueur aujourd'hui. Limitations de la vitesse, port obligatoire de la ceinture de sécurité à l'avant puis à l'arrière en 1990, obligation de porter un casque pour les conducteurs et passagers de vélomoteurs en 1975 puis de cyclomoteurs en 1980, abaissement du taux d'alcool, permis à points imaginé à cette époque et mis en place le 1er juillet 1992, suivront en 2002 l'apparition des premiers radars automatiques. Toutes ces mesures ajoutées à l'amélioration de la sécurité passive des automobiles et des infrastructures routières ont progressivement diminué le nombre d'accidents et leurs gravités.

Ainsi en 2016, 3 477 personnes ont perdu la vie dans un accident de la route en France métropolitaine, 72 645 ont été blessées dans 57 522 accidents corporels et 27 187 de ces personnes ont dû être hospitalisées parmi lesquelles beaucoup garderont des séquelles graves.


LE RISQUE 0 PASSERA-T-IL PAR LA VOITURE AUTONOME ?

Le risque zéro n'existe pas dans quelque domaine que ce soit. Néanmoins il se doit d'être un objectif dans le celui de la sécurité routière. Comment s'en approcher le plus près possible et peut être un jour l'atteindre, qui sait ? La répression doit continuer à exister, mais comme précisé précédemment elle a montré ses limites ces dernières années. Quand on constate que 90 % des accidents mortels sont dus à une faute du conducteur, on se dit que la voiture connectée, totalement autonome et si possible non polluante sera la solution pour supprimer le facteur "erreur humaine". Oui, sans doute, mais à la condition impérative de parvenir à une technologie totalement fiable. Une mission difficile, alors que des hackeurs de plus en plus nombreux et doués sont en permanence à l'affût de la moindre faille des systèmes de protection des réseaux informatiques les plus perfectionnés pour en prendre le contrôle. Et ils y parviennent fréquemment... Réussir à effacer les données de nos ordinateurs est très embêtant certes, mais sans aucune commune mesure avec les dégâts occasionnés par une voiture incontrôlable.

Avant cette vision d'un futur lointain, nous allons vivre progressivement une cohabitation de plus en plus importante des autos les plus perfectionnées possédant toutes les aides à la conduite possibles, avec celles plus rustiques mais moins chères.

Personne n'est capable de dire aujourd'hui avec certitude les conséquences de cette cohabitation sur la sécurité routière. Et l'uniformisation technologique risque de prendre beaucoup de temps, puisqu'en 2017 la moyenne d'âge d'achat d'une voiture neuve en France est de 55 ans (oui vous avez bien lu) et la moyenne de vétusté du parc automobile est de 9 ans. Néanmoins, nous espérons tous lire un jour un bulletin de la sécurité routière annonçant : "Mortalité = 0 / accident = 0 / blessé = 1 (une entorse légère de la cheville suite à une glissade sur une peau de banane jetée sur un trottoir)".


HÉLAS, LE RISQUE 0 N'EXISTE PAS !

La plus belle des terres ne peut pas donner plus qu'elle ne possède aux 7 milliards de terriens, une démographie affolante qui ne cesse de progresser.

Poussé par cette évidence, l'esprit de possession n'est plus à la mode et nous sommes incités (obligés) à tout partager : les voitures avec l'auto-partage, les trajets avec le covoiturage, les posts des réseaux sociaux, le travail, les énergies… Mais il y a une chose que chaque être humain a toujours partagé depuis la nuit des temps sans vraiment y prêter attention, c'est la route sur laquelle nous marchons, galopons ou roulons. Partageons-la avec courtoisie, bienveillance et concentration pour le bien de tous. L'accident de la route n'arrive pas qu'aux autres et l'on a toujours une part de responsabilité, si infime soit-elle. Alors mettons tout en œuvre pour la réduire au maximum.

Article écrit par Yves CARRAT

© sp4764 - Fotolia